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» Homélie du P. Vincent pour le 1er janvier 2017 à Rabat

Comme nous le disions au début de cette célébration, en ce premier jour de l’année, nous fêtons « Sainte Marie, Mère de Dieu ». En ayant vécu le temps d’Avent et en contemplant l’Enfant de la Crèche, nous savons la place qu’a tenue Marie auprès de son Fils à partir du moment où elle a dit « Voici la Servante du Seigneur ».

Elle a accompagné Jésus dans ses premiers pas d’hommes ; demandons-lui aujourd’hui de nous accompagner pour comprendre et vivre ce message que nous livre le Pape François en cette cinquantième Journée mondiale de la Paix autour du thème « La Non-violence : le style de la politique pour la Paix ». Recevons ce message au moment où, à la suite du Pape, des évêques, sur tous les continents, disent des paroles fortes que des politiques voudraient faire taire.

Le Pape François commence par nous demander un engagement, sinon, il ne sert à rien de lire et de méditer ce texte « Dans les situations de conflit, faisons de la non-violence active notre style de vie ». La « non-violence comme style d’une politique de paix, et je demande à Dieu de nous aider tous à puiser à la non-violence dans les profondeurs de nos sentiments et de nos valeurs personnelles ». « Depuis le niveau local et quotidien jusqu’à celui de l’ordre mondial, puisse la non-violence devenir le style caractéristique de nos décisions, de nos relations, de nos actions, de la politique sous toutes ses formes ! »

La violence qui s’exerce, en de très nombreux endroits, n’est pas le remède pour notre monde « en morceaux ». « Répondre à la violence par la violence conduit, dans la meilleure des hypothèses à des migrations forcées et à d’effroyables souffrances pour la grande majorité des habitants du monde ». Nous en sommes malheureusement les témoins au Maroc ; aussi, au nom de l’Église, je remercie tous ceux et celles qui s’engagent à leur service.

« Jésus aussi a vécu en des temps de violence ; mais il a enseigné, jusqu’au bout de sa vie que le vrai champ de bataille, sur lequel s’affrontent la violence et la paix, est le cœur de l’homme ». « Celui qui accueille la Bonne nouvelle de Jésus sait reconnaître la violence qu’il porte en lui-même et se laisse guérir par la miséricorde de Dieu, en devenant ainsi un instrument de réconciliation ». « La non-violence n’est pas un simple comportement tactique, mais bien une manière d’être de la personne, l’attitude de celui qui est tellement convaincu de l’amour de Dieu qu’il n’a pas peur d’affronter le mal avec les seules armes de l’amour et de la vérité ». « Dans nos familles nous n’avons pas besoin de bombes et d’armes ; nous n’avons pas besoin de détruire pour apporter la paix, mais uniquement d’être ensemble, de nous aimer les uns les autres (…) et nous pourrons alors vaincre tout le mal qu’il y a dans le monde »

« La violence est une profanation du nom de Dieu. Ne nous lassons jamais de le répéter “Jamais le nom de Dieu ne peut justifier la violence. Seule la paix est sainte. Seule la paix est sainte, pas la guerre” »

« Il est fondamental de parcourir le sentier de la non-violence en premier lieu à l’intérieur de la famille qui est le creuset indispensable dans lequel époux, parents et enfants, frères et sœurs apprennent à communiquer et à prendre soin les uns des autres de manière désintéressée. De la sorte les frictions, voire les conflits seront surmontés non par la force, mais par le dialogue, le respect, la recherche du bien de l’autre, la miséricorde et le pardon ». « Avec la même urgence que dans les familles, je supplie que cessent les violences domestiques et les abus envers les femmes et les enfants ».

« C’est pourquoi les politiques de non-violence doivent commencer entre les murs de la maison pour se diffuser ensuite dans l’entière famille humaine. » « Jésus nous donne un manuel de construction de la paix dans tous les domaines, dans son Discours sur la montagne. Les huit béatitudes tracent le profil de la personne que nous pouvons qualifier d’heureuse, de bonne et d’authentique. Heureux les doux, les miséricordieux, les artisans de paix, les cœurs purs, ceux qui ont faim et soif de justice. » C’est un défi qui est lancé à toute personne quelle que soit sa responsabilité, sa nationalité, sa culture ou sa religion.

Et en ce 1° janvier 2017, l’Église crée un nouveau « Ministère pour le service du développement humain intégral ». Il aura pour mission de promouvoir les biens incommensurables de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création. Il aura de la sollicitude envers les migrants, les personnes dans le besoin, les malades et les exclus, les personnes marginalisées et les victimes des conflits armés et des catastrophes naturelles, les détenus, les chômeurs et les victimes de toute forme d’esclavage et de torture ».

Et en demandant à Marie, Mère de Dieu, de nous accompagner sur ce chemin, « engageons-nous en cette nouvelle année, par la prière et par l’action, à devenir des personnes qui ont banni de leur cœur, de leurs paroles et de leurs gestes, la violence, et à construire des communautés non-violentes, qui prennent soin de la maison commune. “Rien n’est impossible si nous nous adressons à Dieu dans la prière. Tous nous pouvons être des artisans de paix.” »

Merci à vous tous qui êtes déjà engagés sur cette route, à la suite du Christ. Le Maroc et chacun de nos pays ont besoin de nous.

                                                                       AMEN

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